A l’occasion du débat sur le budget primitif à l’Assemblée Départementale, les 15 et 16 décembre derniers, je suis intervenue pour manifester les réserves et inquiétudes que m’inspirent ce budget.
Depuis plusieurs années l’Etat transfère au département des compétences pour lesquelles il n’assure pas les compensations. Le coût croissant de ces compétences transférées au titre de l’APA, la PCH, le RSA pèse très lourd dans le budget qui nous a été proposé. En 2009, c’était 35 millions d’€uros et en 2010, la dégradation sera plus forte avec la décision de l’Etat de diminuer de 22% sa dotation pour la PCH et de 4,5% pour l’APA alors que le nombre d’allocataires augmente.
Le département se voit obligé de recourir massivement à l’emprunt soit 53 Millions d’€uros (contre 47 en 2009).
Dans ce cadre budgétaire, le Conseil Général a une marge de manoeuvre très étroite, mais les choix qui ont été faits ne sont pas à la hauteur des urgences. Par exemple, en ce qui concerne le RSA et l’insertion, j’ai demandé que notre département manifeste une ambition beaucoup plus forte mais les contrats aidés resteront au même niveau qu’en 2009 et c’est la solidarité familiale qui sera sollicitée !
L’absence de revalorisation des crédits destinés aux Fonds d’Aide aux Jeunes ou au Fonds de Solidarité pour le Logement signe encore l’orientation des élus en responsabilité.
Face à la crise économique et sociale, les élus de gauche ont fait des propositions qui n’ont pas été prises en compte par la majorité. C’est pourquoi, avec mes collègues, j’ai voté contre le budget primitif.
La réforme des collectivités locales, voulue par le gouvernement, inquiète les élus des différentes collectivités. Ils voient ainsi le risque de perdre la faculté de choisir des politiques locales volontaristes et progressistes adaptées à la situation de leur territoire et de leurs concitoyens. La seule liberté qu’on laissera aux élus locaux sera celle d’augmenter les impôts sur les ménages. Les élus réclament de rester autonomes dans leurs décisions, responsables devant les citoyens avec une fiscalité propre et juste.
L’intervention solidaire demandée au Conseil Général pour soutenir les plus fragilisés n’a pas été entendue; il nous faudra donc oeuvrer autrement, citoyens, associations , élus locaux, pour qu’en 2010 nos valeurs de solidarité et de partage soient toujours le moteur de notre action.